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Un dernier pour la route

Suite à des changements de programme, je vais arrêter d'écrire (même si je n'écrivais pas fort pendant tout ce temps) jusqu'à la dernière semaine du mois.



Une fois attablé devant un repas qui sent bon,  le courage de Lilliane lui semble revenir, et elle est bien décidée à demander à Alice ce que signifiait sa réflexion. Mais la réponse ne parvient pas de la manière dont elle s’y attend.

« Lilliane, n’as-tu jamais prêté attention aux différentes croyances ? Dans un monde qui se dit athée mais qui subit l’influence des grandes marques, la croyance  que la technologie est la meilleure chose qui puisse arriver à l’être humain… Il y a dans ce monde plusieurs choses que la technologie apporte, mais il y a d’autres choses où il vaut mieux ne pas savoir pas plutôt que de l’apprendre d’une froide machine, ou d’une secrétaire, plus aimable mais hypocrite. Il y a des choses comme cela, où il vaudrait mieux ne jamais le savoir, toujours rester dans l’ignorance… »

Lilliane ne comprend pas de quoi elle parle.  Son frère relève la tête de ses spaghettis, plus intéressé par le tournant de la discussion.

« Quand vous êtes arrivés à ma charge, je n’avais pas vu Llivia depuis plusieurs années. A cette époque, le seul moyen de rester en contact consistait à s’envoyer des lettres. Mais entre deux continents… Les lettres n’arrivaient jamais vite, et des fois, elle arrivait simplement vide, l’enveloppe seule. Petit à petit, on cesse de s’écrire, pour ne jamais recevoir de réponses, et même savoir si ces lettres arrivent à destination. On ne cesse jamais de penser à la personne, mais nous n’avons plus de nouvelles d’elle. C’est ce qui s’est passé avec Llivia. Nous avons cessé de nous voir, nous avons déménagé… Nous nous sommes perdus de vue, comme on dit. Et quand elle est réapparut, avec vous deux, et besoin d’un abri tout de suite, parce qu’elle avait des soucis, je n’ai pas réfléchis  à ces mystères. Je lui ai ouvert la porte. J’ai attendu qu’elle me raconte ce qu’elle avait vécu depuis qu’on s’était quittés. Mais rien… Alors quand elle vous a laissé à ma charge, j’ai fait la seule chose auquelle je pouvais penser : j’ai fait mon enquête.

— Mais, je ne comprends toujours pas pourquoi tu l’as appelé grande sœur.

— La connaissance est vraiment à double tranchant, Lilliane. Et je ne suis pas sûre que tu sois à la hauteur de ce genre de trahison. Ceux qui te feront le plus de mal  seront toujours ceux de ta famille. Retient bien cela. Et tu auras le droit de me le dire, si je te fais du mal. Je ne voudrais jamais te causer intentionnellement. Si je deviens aussi mauvaise qu’eux, tu pourras me le dire, mais je ne crois jamais atteindre leur niveau de félonie. Mais je ne veux pas les tâcher dans ton imaginaire, Lilliane, et je veux que tu les respecte.  Malgré tout, je les aime, même s’ils ont leur défaut, et que je connais  certainement mieux que personne d’autre. »

Lilliane réfléchit aux dernières paroles en enfournant une fourchette surchargé. Elle repasse tous les arguments de sa tutrice dans sa tête. Elle regarde son frère et sa tutrice, les yeux un peu dans le vague. Elle sent que quelque chose de très important s’est passé dans la discussion, mais juste qu’elle ne comprend pas de quoi il est question. Une sensation d’étrangeté oppresse son cœur.  Elle fait plus attention à son environnement  pour découvrir que les mêmes mimiques sur le visage de son frère et celui de sa tutrice. Le même éclat dans leurs yeux vert sombre, la même forme de bouche qui détonne sur leur peau chocolat.

Un miroir traine autour de la cuisine, encadré par des enluminures complexes d’or sculpté. De là où elle se situe, Lilliane aperçoit son reflet : elle n’a pas cette peau  sombre, la sienne est pale, maladive, en contradiction. Elle a des yeux délavés, bleus, qui ne seront jamais aussi beaux que ceux de sa tutrice. Ses sourcils, trop fournis, ne seront jamais aussi filés que ceux d’Alice. Le dernier détail concerne ses cheveux, toujours emmêlés s’ils ne sont pas nattés, mais d’une brun sombre, plus clair néanmoins que ceux de son frère, toujours très court, sans qu’il n’ait besoin de les couper.

Elle se  souvient de la dernière fois qu’elle a  vu sa mère, une personne qui impose le respect de par sa simple présence. Sa  peau dorée et ses cheveux brun clair emplissait Lilliane de fierté, car elle lui ressemble, sans aucun doute. Beaucoup plus que son frère. Mais elle ne possède pas ce qui faisait de leur mère une personne particulière, elle n’a ni cette aura, ni cette attitude, hautaine et précieuse.  Ridicule, du point de vue de Lilliane.

Finalement la voix d’Alice conclut les réflexions de Lilliane.

« Non, ce n’est pas à cause d’anciennes blessures que j’ai le plus peur. C’est de la si-mystérieuse surprise qu’elle veut nous faire… J’espère simplement que ce n’est pas ce que je crois. J’espère qu’elle n’oserait pas ressusciter un mort, ou assimilé. Il ne m’a pas donné signe de vie depuis quinze ans, je pense qu’il est mort. J’espère que pour lui, c’est le cas. »

Le téléphone sonne à la fin de sa réplique, ce qui clôt la conversation de manière radicale.




Voilà, je mettrais à jour quand je ferais la réécriture d'Ayleen...